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05 novembre 2014 – C’est sous la pluie que nous nous rendons au Bikini pour une soirée au son synthétique et au sang français,  avec Ez3kiel et Dorian & The Dawn Riders en guise d’ouverture.

20h30, la salle est plutôt vide lorsque la première partie démarre. Steve alias Dorian & The Dawn Riders prend place au centre de la scène avec son clavier, son micro et sa guitare électrique. Dorian, en référence à Dorian Gray d’Oscar Wilde et Dawn Rider c’est le titre d’un film de 1935 avec John Wayne. Curieux mélange d’inspirations donnant naissance à une musique étrange où se mêlent percussions tribales, son planant et voix éthérée. Le show débute avec le titre Meïr de son EP éponyme, étayé par le clip projeté sur la toile de fond. Le jeune homme est dans sa bulle, plutôt réservé sur scène, chuchotant, le peu de fois où il s’adressera au public. Son univers psychédélique et sa pop aérienne ne m’ont pas touché, peut être à cause du manque d’interaction. The Night In The Ocean est toutefois un morceau intéressant, une mélodie apaisante et un rythme prenant qui m’a convaincue hors live. Le public applaudit timidement la prestation qui aura duré une trentaine de minutes.

Changement de décor, il faudra attendre 21h30 pour que la pénombre s’installe à nouveau et que les 3 membres d’Ez3kiel prennent place. Formé en 1991, produisant des sons trip-hop, électro, dub parfois rock, le groupe, vient de passer 4 ans à écumer les salles, accompagné d’instruments classiques pour la Naphtaline Orchestra et Extended. Ils sont de retour avec LUX, se reconnectant à leurs racines électro. Ez3kiel est connu pour associer musique et visuel, créant des ambiances magiques sur scène. Aujourd’hui Yan Nguema, l’un des fondateurs et ex bassiste se consacre aux effets graphiques. Joan Guillon est aux machines, claviers et guitare, Stéphane Babiaud à la batterie et Sylvain Joubert à la basse.
Lorsque le show commence on sait que l’on va voyager, un voyage extraordinaire dans l’univers fantasmagorique d’Ez3kiel. Excursion musicale et visuelle peaufinée dans les moindres détails, chaque morceau est accompagné d’un jeu de lumière époustouflant. Le Magic Screen est composé de 48 projecteurs rotatifs permettant de multiples variations lumineuses et projections lasers, retournés ils servent d’écran de projection. Ce concept ultra moderne et novateur, nous permet de voir un spectacle à couper le souffle, presque irréel. Les styles s’entremêlent, nous sommes au cœur d’une exploration sensorielle et émotionnelle. L’obscurité : effluves électroniques et rythmes acerbes fusionnent dans Born in Valhalla, Zero gravity et Dead In Valhalla. L’immensité et la rêverie: on s’échappe un instant lorsqu’on entend les sublimes ballades au mélodies aériennes: L’œil du Cyclone et Anonymous. L’Etincellement : nous aurons un véritable feu d’artifice sur LuxStéphane s’éclate sur sa batterie, en totale synchronisation avec les lumières, offrant un show éblouissant. Le public est emporté par la magie des quatre envoûteurs d’un nouveau millénaire. Ez3kiel jouera aussi des anciens morceaux comme Volfoni’s RevengeAdamantium sans oublier le très attendu et excellent titre Versus. Nos petits français sont de véritables artistes, que ce soit aux instruments ou aux lights, la technique est irréprochable et carrément impressionnante. En live c’est un véritable show totalement unique avec un son bien évidemment au top grâce au Bikini. Leur présence scénique et leur plaisir à jouer – tout au long  du concert JoanSylvain et Stéphane sont à fond – sont à féliciter aussi.
Si vous avez la possibilité de les voir, foncez c’est surprenant et d’une beauté incroyable : des musiques et un visuel en parfaite harmonie qui vous transperceront à coup sûr.

Auteur: Fanny Dudognon

Photographe: Antony Chardon