Album Review : Machine Head – Unto The Locust

Le groupe californien Machine Head frappe encore avec leur septième opus, Unto The Locust. Le groupe, formé en 1992, a subi beaucoup de critiques au fil des années, à cause notamment des chansons qui s’étirent, d’un manque d’inspiration et de choix musicaux au début des années 2000, notamment.  Bien que les originaires de la fameuse San Francisco Bay Area méritent ces critiques, Unto The Locust est définitivement un album qui mérite une écoute attentive.

L’influence nu-metal est toujours présente dans leur musique, avec les touches de thrash caractéristiques de la Bay Area. L’album commence en douceur, avec le début de I Am Hell (Sonata in C#), qui embraye rapidement pour atteindre la cadence habituelle du groupe : un riffing lourd et des cris ponctués de l’occasionnel solo de guitare, bien réussi. Le batteur Dave McClain est particulièrement à l’honneur à travers tout l’album, et spécialement sur Locust, le single de l’album que vous avez peut-être eu la chance d’entendre, notamment en spectacle, depuis le mois de juin. Il n’y a rien à y redire au point de vue de l’exécution ou de la production, la voix du chanteur Robb Flynn y étant même à son meilleur, et le refrain étant particulièrement accrocheur. Par contre, le moment n’est pas toujours constant et certaines parties nous donnent plutôt l’impression de nous traîner vers le bas plutôt que de nous pousser vers l’avant. Cette critique est vraie de l’ensemble de l’album qui perd de la vitesse inutilement en breakdowns et en répétitions. La pièce Darkness Within est un bon exemple : on y perd la lourdeur caractéristique de la musique de Machine Head et on se retrouve devant un morceau qui ralentit le rythme général de l’album, mais qui apporte toutefois du contenu lyrique intéressant, s’opposant avec les thèmes apocalyptiques du reste de l’album et montrant un optimisme et un pragmatisme qu’on voit rarement dans un groupe du genre, et qui explore de façon intéressante une approche musicale qui n’est pas habituelle pour le groupe. L’album se conclut de façon presque prévisible avec Pearls Before The Swine et Who we are, de sept minutes chacune, et qui incluent tous les éléments qui ont fait de Machine Head un groupe marquant de son époque.

La musique de Machine Head a énormément évolué avec les années, parfois pour le pire, mais avec Unto The Locust, définitivement pour le mieux. L’oeuvre est intéressante, bien plus dans son tout que si on prend une seule des parties à part, et démontre une utilisation précise et efficace du bagage acquis par le groupe dans les 19 dernières années. Ce n’est pas un album phare, mais c’est définitivement un album à écouter.

Cote : 8/10

Auteur : Phil Mandeville

All images © 2008-2013 Thorium Photography 468 ad